Rencontre avec Florian Schall : Histoires d’Amour

Que ce soit par son activité de disquaire à la Face Cachée (Metz), de musicien, de label et de passionné de musique, Florian Schall est une figure incontournable de la scène indépendante, bien au delà des frontières du Grand Est. C’est aussi un excellent loulou, qui a accepté de répondre à nos questions, de se raconter mais aussi raconter les autres acteurs et actrices d’un milieu nourri par l’enthousiasme et le partage. On vous conseille d’accompagner votre lecture par l’écoute de cette sélecta réalisée par Florian pour le super site Section26 :

Clique & Collecte chez La Face Cachée à Metz

La Face Cachée

La Face Cachée a été créée à Metz en 2004 par Médéric Kéblé. Cela faisait suite à une envie dévorante (et absurde !, le vinyle étant considéré à l’époque comme un format totalement obsolète et ringard) d’avoir son propre bouclard, lui qui était déjà bien connu dans notre petit milieu de par son activité de vendeur indépendant sur les conventions et sa participation passée à l’activité d’autres boutiques (L’Oiseau Rare dans les années 90, Blow Up en 2003). Avec un petit stock pour démarrer (sa propre collection de disques), il a dès le début fédéré autour de lui tout ce que la scène alternative messine comptait de musiciennes et de musiciens, de labels indépendants, de distros (la mienne et celle de 213 Records, notamment). Même si le démarrage a été compliqué (en terme de revenus; quand tu commences là-dedans, tu acceptes de ne pas gagner ta croûte avant un petit moment, c’est toujours un pari risqué), il a vraiment su constituer un socle d’habituéEs. Il a vu des groupes naître, il a tenu le crachoir et écouté des connards dans mon genre se plaindre ou s’exalter, il a fait la fête avec toute la ville, bref il ouvrait sans le savoir un endroit qui allait changer la vie de beaucoup de monde autour de lui…

Petite histoire courte et chronologique. J’intègre le magasin en 2010 suite au fiasco de l’Emile Vache (un café-concert dont je gérais la programmation) afin de m’occuper d’une seconde boutique qui ouvrait juste en face de la Face Cachée, la Face B. Le vinyle revient déjà un peu plus en force, les prix augmentent, on sent qu’un truc est en train de se passer. On met le paquet sur l’organisation d’un mailorder efficace sur différents marketplaces (à l’époque, Discogs est en train de monter) et ça se développe. Julien et Delphine nous rejoignent entre 2010 et 2013, puis on décide de déménager les deux boutiques et d’ouvrir un gros magasin en plein centre-ville. La surface est de 170m2, elle nous permet de réaliser un peu tous nos désirs d’alors (stocker beaucoup de disques en vue de créer une structure de distribution, héberger des concerts tous les week-ends et des expos tous les deux mois, regrouper et développer en parallèle l’activité de nos différents labels). Et ça fonctionne, dès ce nouveau départ, on se rend compte qu’on est vraiment suivi et qu’on double quasiment le nombre de nos clients en quelques temps. C’est aussi le moment où Jennie (qui gère également Specific Recordings) arrive pour s’occuper de tout l’aspect communicationnel, un truc qu’on avait un peu négligé jusqu’ici. Elle prend également en main les réseaux sociaux (2017), et heureusement qu’elle est là pour ça (et plein d’autres choses, bien entendu). Et puis voilà quoi, on se développe au fil du temps, en mettant chacune de nos compétences respectives en jeu (Julien fait du mastering pour nos sorties de disques, Médé fait ressortir son passé d’ingénieur en mettant en place des solutions pour qu’on se facilite le boulot – notamment sur la vente par correspondance -, etc) et en bossant quasiment non-stop (6 jours sur 7, souvent le dimanche quand on organise ou participe à des conventions). Y a pas vraiment de secret, c’est un investissement total qui te fait passer par plein de phases différentes. Quand on bute sur un obstacle, on met tout en œuvre pour le contourner. Quand on trouve un bon plan, on essaie d’en faire profiter le plus de monde possible. Bref, c’est tuant et exaltant à la fois, mais au moins on fait ce qu’on aime et on ne le fait pas pour rien ! Et puis cette année, avec le confinement, ce qu’on avait érigé il y a 10 ans nous a permis de subir la vague sans se laisser emporter (on a d’ailleurs embauché Séb en renfort pour suivre le rythme, tellement on avait de colis à faire).

Je crois qu’on a une démarche militante et une approche assez particulière. On fait le choix de réduire nos marges histoire de rester dans une gamme de prix “corrects” (et c’est de plus en plus compliqué, mais pour le moment on tient), on se démène pour trouver des plans afin d’avoir des disques moins chers, on a une approche volontairement généraliste de la musique (on ne méprise aucun genre ni aucun format, et donc aucun client) associée à une forme de bienveillance qui tranche probablement avec la conception old-school du disquaire, on met en avant des artistes qui sont des femmes ou des minorités, on soutient indéfectiblement les artistes et labels locaux, on organise des foires des disques, des concerts… Bref, on essaie de faire plus que de vendre des disques, au final.

Ma vision du métier, je ne l’ai pas eu avant de la pratiquer. Mais je me rends compte, en étudiant de plus près mon passé, que j’ai toujours plus ou moins été prédestiné à faire ce boulot, jusque dans mon nom de famille… Alors, certes, je ne suis pas la plus sociable des personnes, je suis quelqu’un d’assez sensible donc souvent le rapport à l’autre me fait souffrir, mais j’adore vraiment ce que je fais, et le plaisir que je peux partager en conseillant un disque, en discutant musique ou en rendant un service est vachement plus important que les quelques inconvénients liés à la profession (ben oui, c’est un travail aussi). Bien entendu, comme je viens de la distro, je peux pas négliger ces choses que j’ai intégré quand j’avais 20 ans et que j’allais voir 4 concerts par semaine ou quand je tournais 4 fois l’an avec mes groupes. C’est super important d’être un maillon plus global de la chaîne (et de ne pas se considérer comme toute la chaîne, ou le maillon le plus important), c’est super important de rester en lien avec les labels et les groupes, à quelque niveau que ce soit (local, national, international wow!). Je veux dire, nos premiers soutiens sont des musiciens, pourquoi ne pourrait-on pas les soutenir en retour ? Ça participe à la création de ce réseau DIY duquel je suis sorti (si j’en crois les tables de la loi) et je suis bien content de pouvoir contribuer à la fortification de cette idée, à ma manière (tout en ayant aussi en tête tout le côté plus business du métier). C’est cool, je me sens complet, quelque part.
Après, pour être honnête avec toi, on ne fonctionne pas comme cela avec tous les labels, mais on essaie de le faire aussi souvent que possible (si t’as un groupe et que tu joues à Metz, hésite pas à passer, on te prendra des disques). Et puis on connaît aussi nos clients, on sait ce qu’ils aiment, on sait ce qui peut potentiellement leur plaire, donc c’est facile à faire circuler. En retour, nos clients nous font découvrir des trucs. C’est comme ça qu’on se nourrit mutuellement et qu’on ressort d’une journée ou d’un passage au magasin avec la satisfaction du moment accompli. Sérieusement, c’est très important, ce truc d’alimentation de la culture. C’est pas parce que je suis derrière le comptoir d’un magasin de disques que je fais autorité en la matière, j’ai jamais eu prétention à ça (même si on a pu me la prêter), au contraire j’ai besoin de ça pour avancer. Et puis voilà, c’est quelque chose d’assez naturel au final, ce qui me fait penser que c’est la bonne marche des choses.

La Face Cachée, Metz pour Section26

Le Snobisme et le “bon goût”

Franchement, ça me saoule autant que les délires de disques de couleur (dans un autre genre). Dans la scène punk, à l’époque, on se foutait souvent de ma gueule parce que j’écoutais Sade et Kylie Minogue, c’était toujours perçu comme une fantaisie ou un moyen savant de se démarquer, et pas comme un véritable amour sincère. Aujourd’hui on se fout souvent de ma gueule parce que j’écoute de la musique japonaise ou de la trap féminine allemande. Bref, y a rien qui change, quel que soit le milieu musical que tu fréquentes. La critique est inhérente et nécessaire à la pratique de l’écoute, mais y a d’autres sujets beaucoup plus importants sur lesquels il faudrait se pencher avant d’aller faire chier les gens parce qu’ils écoutent Aya Nakamura ou Kyary Pamyu Pamyu.
En fait, à propos de cette question, je crois que je suis profondément “premier degré”. Quand je découvre un disque, j’y réagis immédiatement sans mettre en jeu mon intellect (ça vient plus tard). Je fais passer les émotions avant la réflexion. S’il y a un truc qui m’attire, c’est foutu. Je passe outre ce qui pourrait me repousser, et c’est probablement la culture japonaise qui m’a appris ça (ils sont vraiment plus détendus que nous à ce sujet, là-bas tu peux écouter du crust ET de la j-pop ET l’afficher publiquement sans que ça ne pose le moindre problème).

 

Feu le blog Records Are Better Than People

Records Are Better Than People, c’était la suite de Record Reviewers Are Pretentious Assholes (blog de chroniques de disques qui est devenu 6 Mois Aux Chiottes dans la vie physique), qui lui-même était la suite de Cliché (mon égozine papier), qui était, en passant, né des cendres de World Is Mine (ma véritable première expérience de zineux, il y a maintenant 23 ans). Je voulais continuer à parler musique, mais d’une autre façon. Des chroniques qui ressemblent plus à des billets d’humeur, de longues digressions pas forcément très intéressantes, des interviews, puis surtout la liberté de parler de la musique que j’aime comme je l’entends. Parler aussi beaucoup de ce qui se faisait au niveau local. Parler de mon amour pour la musique créée par les femmes, aussi. Et donner voix aux personnes qui me lisaient, une fois par an, pour un mois contributif et participatif. C’est un projet qui est né suite à mon tout premier séjour au Japon, en 2010. J’en suis revenu avec une véritable passion renouvelée pour l’écriture et la création. Fallait que ça sorte, et c’était cool. C’était facile et épanouissant, je pouvais parler de ce que je voulais, et j’ai l’impression que ça a résonné secrètement chez plein de monde. J’avais genre 12000 abonnés, un truc de fou. Et puis, j’ai commencé à avoir un regard très critique sur ma façon d’écrire, devenue quasiment automatique au bout de 7 ans. Ça m’a rendu triste de me rendre compte de ça. Que je pouvais écrire une bonne chronique en 5 minutes, mais que je la trouvais complètement nulle et vide. Je commençais à avoir de moins en moins de temps à consacrer à l’écriture. J’ai donc préféré arrêter au moment opportun, avec un ultime mois de participation. Les 30 derniers billets publiés ne sont donc pas de moi, je trouve ça vraiment trop cool.
Aujourd’hui, je crois que le blog a disparu, du moins il a tellement été laissé à l’abandon qu’il ne ressemble plus à rien. J’ai pas spécialement envie de reprendre, même si je me verrais bien refaire un truc autour de la musique féminine ou de la scène locale.

Internet

Je squatte RLSBB [Site de pirate NDLR] et c’est à peu près tout. J’y télécharge des films que je ne trouve pas ailleurs. Récemment, j’ai eu un regain d’intérêt pour Facebook via ce merveilleux groupe de partage cinéphilique, La Loupe. Mais sinon, je me désintéresse fortement de tout ça. J’utilise le réseau social car c’est mon outil de communication privilégié pour effectuer correctement et efficacement mon travail de disquaire. Sinon, je m’en tiens “éloigné”. Je ne commente quasiment rien (sauf si j’ai vraiment une très bonne blague à placer), je ne poste rien (si ce n’est des recommandations de documentaires ou de la pub pour notre label ou les activités de Jennie), je ne suis pas une très bonne cible pour les publications sponsorisées… Je pense, comme plein de monde, avoir souffert d’une forte addiction aux réseaux sociaux. J’ai vu ce que ça pouvait provoquer comme dommages psychologiques (sur moi-même et mon entourage), ça ne me fait franchement plus tellement kiffer que ça. Et je ne sais pas vraiment ce que j’aimerais voir se mettre en place comme alternative à tout ça. Quelque chose de moins contrôlé par le fric, de moins égoïste et centré sur soi ou sur la validation par l’autre.

Musicien

La rédaction garde un souvenir ému d’un concert incroyable de Twin Pricks à la Triperie (big-up à Chloé Riegler Girl  et Pierre Onze pour l’organisation). Quelle est ton actualité en tant que musicien ?

Ouais c’était un chouette concert, un de mes préférés avec ce groupe, je dois dire.
Depuis 2015, je crie dans un groupe de black métal qui s’appelle Loth (avec Julien de Poincaré/My Lovely Underground, Alex des Sioux/Sun Glitters, Bat du Seul Élément/Bishop et Joel des Sioux/Le Singe Blanc) et dans Mesa Of The Lost Women (duo de free jazz/noise improvisée avec Yves Botz et Christophe Sorro). Avec le premier, on a sorti deux albums, un split et joué pas mal de concerts (3/4 petites tournées et quelques concerts dans les coins de Metz). Avec le second, on a sorti un album et fait quelques concerts (le groupe existe depuis le milieu des années 2000, je l’ai rejoint en 2018). Comme je manque de temps avec le boulot au magasin, je joue quand je peux. C’est cool, y a pas trop de pression et on aime tous jouer ensemble.
J’aime les tournées. J’en fais beaucoup moins maintenant que je suis plus âgé, et puis c’est vraiment difficile de passer du temps loin de Jennie (on se manque terriblement l’un l’autre quand on n’est pas l’un avec l’autre). Mais c’est quelque chose de fondamental dans ma vie, faire de la musique avec des copaines et jouer devant des gens. Ceci dit, je ne fais plus passer ça au premier plan, mais j’espère néanmoins pouvoir continuer à en faire régulièrement. J’ai d’ailleurs fait mon dernier concert de 2020 avec Mesa le 13 mars (on a été confiné le 16). Je vois ça comme le signe d’une épreuve à surmonter et je suis plutôt confiant à ce sujet.

Specific Recordings

Plus que “mon” label, c’est vraiment “notre label“, “notre bébé”, à Jennie et moi.
Specific est né d’une volonté de se faire plaisir à sortir des 33 tours dont le fond colle avec la forme, en adéquation avec nos goûts musicaux très éclectiques. Il y a une unité esthétique (Jennie y fait très attention, elle s’occupe de la majorité des visuels), un parti-pris féministe (la moitié, si ce n’est pas la majorité, de nos groupes sont formés ou gérés par des filles), un regard tourné vers le Japon… L’idée de faire ce label est d’ailleurs née au retour de notre tout premier voyage là-bas. On avait pas ambition à sortir autant de disques ou à être encore là dix ans plus tard, donc ça fait plaisir.
L’histoire du label, elle est faite par ses disques, ses échecs et ses succès. Il y a des albums que je préfère à d’autres mais chacun a sa petite place dans mon cœur et dans le puzzle Specific. Son actualité se conjugue un peu de la même façon depuis quelques années maintenant : beaucoup de coups de cœur, de disques de copaines (ou de copaines de copaines, qui deviennent ensuite… des copaines !) et toujours une petite sortie japonaise histoire de garder un lien avec notre pays favori. Et puis on a aussi envie de soutenir les groupes locaux qui nous paraissent sortir du lot ou qui font un truc qui colle avec nos aspirations du moment (qui évoluent de façon parfois mystérieuse).
Au niveau des choix, on laisse parler notre instinct. Faut qu’on sente le disque. Et on le sent tout de suite, si c’est un truc pour nous. C’est généralement immédiat. Quand ça l’est pas, on en discute beaucoup. On arrive généralement à un consensus. J’aime beaucoup ce fonctionnement, car on a deux caractères bien différents avec Jennie. Elle me pondère beaucoup quand j’ai tendance à vouloir en faire trop. Elle est la voix de la raison. Parfois, elle baisse sa garde et me fait confiance sur certains disques. J’aime beaucoup cet équilibre. Donc oui, y a des disques déjà faits qui viennent à nous, et d’autres qu’on élabore avec l’artiste. C’est le cas des albums de G. Lolli dont Jennie conçoit la pochette (elle le fait pour d’autres groupes également, mais le travail est particulier dans ce cas précis) et moi la tracklist. Ou bien certains disques de musique japonaise qu’on a conçu comme des “comprehensive guide” pour découvrir l’univers d’un artiste ou d’un groupe.
Une fois que le disque est là, on se fait chier à l’ancienne pour en faire parler et en vendre quelques uns. Jennie gère la promo et les réseaux de A à Z. Elle est vachement douée pour ça, pleine d’idées belles et simples. On a pas une couverture médiatique de fou, c’est même plutôt confidentiel, mais on a un noyau dur de gens qui nous suivent dans nos choix un peu bizarres. Et puis comme on sort des disques très différents les uns des autres, on arrive à chaque fois à toucher un public différent. Parfois, on arrive à faire résonner le weird qui sommeille en toi (comme avec Necronomidol qui a vachement causé aux métalleux les plus trve que je connais) et c’est mortel. Comme le label est hébergé par la Face Cachée, on se sert de la logistique pour la distribution et les envois partout dans le monde. Et au niveau des sous, tout revient au magasin. Ceci dit, cette année on a réussi à soutenir un mi-temps pour Jennie, ce qui est pour nous vraiment incroyable. Donc on en vit pas directement, mais on se démerde assez bien pour que ce soit rentable pour vivre modestement et continuer à produire des disques à un rythme régulier (entre 7 et 10 sorties par an).
Bon, après je pourrais entrer encore plus dans les détails (parce que c’est effectivement intéressant d’expliquer comment on fonctionne) mais ça commence à faire long comme réponse. Ah oui, ce que je préfère, c’est quand j’ai l’impression que le disque sur lequel on bosse ou que l’on vient d’envoyer au pressage est une tuerie, comme par exemple le premier album de J’ENTRE PAR TES YEUX qui doit sortir au Printemps 2021, le best-of d’une artiste japonaise qu’on aime beaucoup (sur lequel on aura passé deux années de négociations acharnées) ou bien encore le prochain G. LOLLI.
Donc ouais, y’a rien qui me gonfle, c’est génial de s’occuper d’un label.

La rédaction vous conseille ardemment d’aller faire un tour sur Women In Vinyl pour compléter cette interview et y lire le portrait de Jennie Zakrzewski, co-gérante de Specific Recordings

Découvrir

Je découvre des nouveaux groupes en écoutant les gens m’en parler, en épluchant les catalogues de nouveautés des distributeurs, en laissant mes yeux traîner sur les réseaux, et aussi en suivant mes obsessions habituelles (musique féminine, musique japonaise, ou des trucs “excitants”). Je lis pas du tout la presse et je zone pas vraiment sur des sites en particulier. On a tellement de boulot au magasin que je n’ai pas forcément le temps pour ça, et quand je ne travaille pas, je préfère passer du temps avec Jennie et faire autre chose.

Vinyle

Ça a été mon premier format d’écoute dans les années 80, celui avec lequel j’ai grandi et appris à apprécier la musique. J’ai eu une phase CD au milieu des années 90 mais je suis vite revenu au vinyle via les distros et les concerts à la fin des années 90. C’est ma façon de consommer la musique, parfois elle est en phase avec la mode, parfois non. Ça pourra encore changer à l’avenir. Ça me plaît comme ça, en tout cas. C’est beau à regarder, à toucher et à écouter. Je sais pas, y a un truc mystérieux et magique. Ceci dit, je suis pour la multiplication des supports en fonction des besoins, et pour la consommation numérique gratuite (et illégale, si nécessaire).

2020 confiné

Je le vis mal parce que j’ai envie d’aller voir des concerts et d’en faire, mais je le vis bien parce que ce temps-là m’aura permis de pouvoir “faire le point”, comme les quarantenaires disent. C’est super égoïste et j’en avais bien besoin, je crois. J’ai beaucoup réfléchi sur plein de sujets liés à mon bien-être intérieur. J’ai arrêté de boire et je me suis remis à fond dans la lecture. On a aussi beaucoup beaucoup discuté de tout ça avec Jennie (je vis un peu le même éveil intérieur qu’elle, mais avec un poil de retard) et joué à la console (on est des vrais gros dingues du Yams, et puis on s’est tapé des Super Mario Sunshine, des Luigi’s Mansion et des trucs comme ça, des jeux “faciles” de “pas-hardcore gamers”) et on a bien entendu maté une tonne de films nuls avec nos copains de Jesus Died For Our Films (un petit forum de copaines qui est devenu un salon de discussion pour mater ensemble en simultané mais à distance des films en synchronisation complète, tous les deux jours depuis mars; avant ça, on se voyait régulièrement pour des marathons de mauvais films, en vrai, dans le Warndt – c’est en Moselle-Est). On a aussi vu plein de documentaires cools, à tel point que je suis en train de garder et d’archiver les films que je trouve digne d’intérêt afin de pouvoir les proposer en partage. C’est vraiment génial d’avoir du temps pour faire autre chose que vendre des disques, je te jure.

[EDIT : l’article a été modifié le 17.12.2020 pour créditer Pierre Onze à la coorganisation du concert de Twin Pricks (on lui doit aussi le visuel de l’affiche et le fichier de celle-ci en qualité optimale). La rédaction vous prie d’excuser sa mémoire défaillante.]

publié par

Stiol

"Le cerveau de Ville Morte"

  1. Un plaisir de te lire Florian comme depuis très très longtemps, comme je suis fière
    Tu as choisi ta voie et je sais que tu es heureux dans ce domaine
    La FC est une équipe geniale
    Toi et Jennie êtes chers à mon coeur….. normal ❤
    Poursuivez et faites vous plaisir

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